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L’importance du système respiratoire chez le cheval

August 04, 2017

Cet article présente :

En quoi le système respiratoire est si important chez le cheval

Comment le système respiratoire du cheval fonctionne

Le système respiratoire du cheval

L’importance du système respiratoire des chevaux pour leur santé et leurs performances

 

 

Le cheval est facilement le plus rapide des grands mammifères sur la planète. Le cheval domestiqué est un exploit  incroyable de l’évolution et l’élevage sélectif, il est capable de sprinter, courir pendant un long moment, tirer, sauter et avec de l’entrainement effectuer des mouvements complexes jamais observés dans la nature. Ce qui rend ces différentes capacités encore plus incroyables est le fait qu’en milieu naturel, le cheval est un très bon sprinter. Le cheval sauvage passe la plupart de sa journée à marcher doucement et s’alimenter, il arrive, seulement de temps en temps, que celui-ci se mette à sprinter pendant 10-20 secondes lorsqu’il est surpris ou poursuivi par un prédateur.

Cette capacité qui permet d’exceller dans beaucoup de discipline est due à une combinaison de structure et fonction. Par exemple, de longues jambes avec peu de poids à supporter par les pieds, une bonne structure et proportion musculaire (40-50% chez les races telles que le Quarter horse, Pur sang anglais, Pur sang Arabe et Trotteur français), un gros cœur même en prenant en compte que le cheval est déjà un grand animal (environ 1% du poids, soit 5kg pour un cheval de 500kg) et enfin un impressionnant système respiratoire et une large capacité pulmonaire. En effet, après la peau et le tractus gastro-intestinal, les poumons sont le 3ème plus grand organe du corps chez le cheval.

La principale fonction du système respiratoire, que tout le monde connait, est de transmettre l’oxygène de l’air aux poumons, où l’oxygène peut passer des voies aériennes aux globules rouges qui sont séparés par une membrane très fine. Et encore, comme beaucoup peuvent savoir, l’oxygène est requis par toutes les cellules vivantes dans le corps – avec une exception intéressante ; les globules rouges ! Il est ironique que ça soit les globules qui déplacent l’oxygène, ayant donc un accès important à celui-ci, qui n’aient pas besoin de l’utiliser. Au lieu de cela, les globules rouges dépendent de la production d’énergie anaérobie (sans oxygène) à partir du glucose. Cependant, le système respiratoire effectue également un certain nombre d’autres choses très importantes comme enlever le dioxyde de carbone du corps, aider à contrôler le pH (acidité/alcalinité) du sang/corps, aider à contrôler la température du corps, filtrer les bulles de gaz et les caillots formés dans le sang, libérer les hormones et protéger le corps de virus inhalés, des bactéries, des champignons, de la poussière etc.

Ce qui est particulièrement intriguant est le fait que les sauts ou les sprints ne dépendent pas de la  capacité d’utiliser l’oxygène, ce qui amène à se poser la question : comment les chevaux ont évolués pour disposer d’un système respiratoire aussi vaste ?

Quelle est alors l’importance du système respiratoire dans les performances des différentes disciplines ? Pour tous exercices comme des petits sprints de 10 secondes ou l’enchainement d’une ligne de 3 obstacles, la contribution du système respiratoire en termes d’oxygène utilisé pour générer de l’énergie sera insignifiante – peut être moins de 5%. Mais à mesure que nous augmentons la durée de l’exercice et l’intensité, le système respiratoire devient de plus en plus important. Vous avez peut-être entendu parler que les chevaux peuvent retenir leur souffle pour une course de 1000m. J’ai observé des chevaux qui retenaient leur souffle dès la stalle de départ jusqu’à environ 10s à mesure qu’ils accéléraient, mais cela ne serait pas possible pour une course de plus de  55 à 60 secondes. Alors, même pour une course de « sprint », environ 60-70% de l’énergie est générée de manière aérobic et repose donc sur le un fonctionnement efficace du système respiratoire. Pour une course de Quater-horse, environ 60% de l’énergie provient de sources anaérobiques. Dans cette situation nous pourrions imaginer qu’avoir un système respiratoire sain serait moins important. Cependant, ce n’est pas le cas, si le cheval avait la sensation de ne pas pouvoir respirer facilement notamment en raison d’obstruction des voies aériennes supérieures ou inférieures, cela peut amener le cheval à être rétif.

Donc pour les Pur-sang, lorsque la distance de course augmente, l’importance de l’apport d’oxygène aux muscles devient encore plus importante. Même en saut d’obstacle, environ 70% de l’énergie provient du métabolisme aérobie. Dans le cross du concours-complet c’est environ 90% et pour les courses d’endurance de 80km , plus de 95% de l’énergie provient de l’oxygène (aérobie).

La capacité du cheval à utiliser l’oxygène se divise en 3 parties. La première est de recevoir autant d’air que possible dans les poumons et ceci rapidement. La seconde est que l’oxygène se déplace des voies aériennes dans le sang, il est transporté par les globules rouges et pompé par le cœur vers les muscles. La dernière partie est que l’oxygène quitte les globules rouges, se déplace dans les muscles et finalement  dans les cellules et mitochondries qui utilisent de l’oxygène pour libérer de l’énergie stockée dans les sucres et les graisses.

Le rôle du système respiratoire est vital pour tous les chevaux. Premièrement, car un sentiment de ne pas pouvoir respirer librement peut conduire à ce que les chevaux soient troublés, anxieux ou rétifs. Deuxièmement, car les chevaux au galop prennent un souffle à chaque foulées, et si quelque chose ne vas pas dans la respiration ceci a un effet sur la foulée, et si quelque chose ne vas pas avec la foulée, il y a un effet sur la respiration.

Le cheval ne respire que par les naseaux : contrairement aux humains qui peuvent respirer aussi bien pas la bouche que par le nez. Ceci est du à la structure du palais, qui sépare complètement la partie supérieure des voies aériennes de la bouche elle-même. Les narines se rejoignent dans un espace appelé le pharynx. L’air passe ensuite à travers le larynx qui est un rétrécissement des voies respiratoires et un site important d’obstruction des voies aériennes, même pour des chevaux sains. Certains chevaux peuvent faire de bruit lorsqu’ils respirent, ceci est du au larynx qui ne s’ouvre pas complètement et les chevaux éprouvent une plus grande obstruction des voies aériennes qui peut sévèrement limiter les performances. L’air passe ensuite par la trachée. La trachée est un tube ovale d’environ 80cm de long avec 50 à 60 anneaux de cartilages. Lorsque que la trachée entre dans les poumons à l’intérieur de la cage thoracique (la plus grande structure simple du squelette), ils de divisent en deux parties. Une bronche va au poumon gauche et une au droit. Le cheval n’a essentiellement que deux grandes divisions comprenant 90% du poumon total. Les bronches se divisent de façon similaire à un tronc d’arbre qui se divise en branches de plus en plus petites. L’ensemble des voies respiratoires est pour cette raison souvent appelé l’arbre bronchique. Après 40 divisions environ, nous arrivons aux plus petites voies aériennes et ensuite les alvéoles, où l’oxygène se déplace dans les globules rouges. A partir de ce moment, une très fine membrane sépare les globules rouges de l’air dans les voies aériennes. Les voies aériennes et les alvéoles à ce niveau sont si petits qu’ils ont tendance à s’effondrer vers l’intérieur. Ceci est empêché par une substance appelée tensioactif. Le tensioactif agit pendant les infections pulmonaires ou s’il y a un saignement dans les poumons.

Il peut être surprenant d’apprendre que les poumons ont la teneur en eau la plus élevée de tous les organes du corps – environ 90% des poumons sont de l’eau. Ceci est particulièrement  ironique étant donné que l’inhalation d’eau conduit à la noyade. 

Au repos, un cheval de 500kg prend environ 12 respirations par minute. Au total, 60 litres d’air entrent et sortent chaque minute.

Durant un exercice, le cheval augmente la quantité d’air qu’il inspire et expire en proportion de l’intensité de l’exercice.  Plus l’exercice est dure, plus la quantité d’air déplacé est importante, plus l’oxygène est utilisé. Initialement en passant de l’arrêt au pas, du pas au trot, le cheval utilise plus d’air en respirant principalement plus rapidement. Cependant, quand le cheval passe du trot au galop de travail, et du galop de travail au grand galop, le cheval commence à respirer plus profondément et maintient un rythme de respiration, car la foulée et la respiration sont liées. Les chevaux augmentent la vitesse de ces allures en augmentant la taille des foulées. De plus grandes foulées permettent d’avoir plus de temps pour remplir les poumons.

Au moment où un cheval de taille moyenne atteint le galop, il prend environ 120 respirations par minutes, et utilise 15 litres d’air pour chaque respiration. Pour une minute de grand galop, le cheval utilise assez d’air pour remplir 6 baignoires de taille normale (6x300=1800 litres).

En ce qui concerne la santé respiratoire, il existe des études chez les humains et les chevaux montrant que les maladies respiratoires chroniques (à long-terme) telles que l’asthme peuvent entrainer une perte d’état et une augmentation des besoins énergétiques. Il est également clair que même les maladies respiratoires de faible niveau (maladies qui ne ressortent pas de l’observation du cheval) peuvent avoir un effet négatif important sur la performance de l’exercice demandé. Conserver le système respiratoire de votre cheval aussi sain que possible peut avoir une signification encore plus importante si vous prenez en compte son rôle dans la performance.

Tout d’abord, même si vous avez pu le lire dans des articles ou manuels scolaires, vous ne pouvez pas changer la capacité du système respiratoire du cheval. Un cheval en bonne santé utilise la même quantité d’air que lorsqu’il était inapte. Deuxièmement, chez un moins bon cheval, le cœur est considéré comme le facteur principal limitant la performance, mais pour un cheval entrainé, c’est le système respiratoire qui est considéré comme principal facteur qui limite la performance. Le cœur étant un muscle il s’adapte et améliore « sa forme physique » avec l’entrainement, tout comme les muscles squelettiques. Les poumons ne changent pas avec l’entrainement. Ils ne deviendront pas plus grands. Ils ne deviendront pas plus efficaces. Finalement, tout dommage aux poumons peut entraîner un développement du tissu cicatriciel et une perte de fonction.

Message à retenir ? Il est bon de s’occuper de la santé respiratoire de votre cheval.

 

Dr David Marlin




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